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FLORE DE MONTAGNE

Entre Grande Casse et Grand Bec

En montagne peut­-être plus qu’ailleurs, la végétation est soumise à l’influence de nombreux facteurs, qu’il s’agisse de l’exposition, la composition du sol, l’existence de zones humides, la température, … Divers mécanismes lui permettent cependant de coloniser cet environnement hostile à bien des égards. Les lignes qui suivent n’ont pas la prétention d’en aborder tous les aspects mais uniquement de dresser les contours de la flore de montagne de manière à en souligner toute la diversité.

1. Les étages de végétation. La végétation se répartit selon différents étages dont les limites varient selon la latitude ou même le versant. En dépit de cela, on distingue habituellement les 5 étages de végétation suivants : • l’étage collinéen, jusqu’à 800 m environ : c’est la zone des forêts d’arbres à feuilles caduques et où se sont implantés la plupart des agroécosystèmes ; • l’étage montagnard, en deçà de 1500 m environ : il est dominé par les forêts de hêtres et de résineux et les prairies d’origine anthropique ; • l’étage subalpin, jusqu’à 2200 m : il se développe jusqu’à la limite supérieure du peuplement forestier constitué de résineux. Dans les landes, prospèrent des arbustes de taille réduite ; • l’étage alpin, 3000 m environ : c’est le domaine des rochers et des pelouses alpines. Dans les combes à neige se développe une végétation spécialisée ; l’étage nival, aux altitudes les plus élevées : hormis quelques espèces de plantes à fleurs, la végétation est essentiellement représentée par des mousses et des lichens.

Etages montagnard, subalpin et alpin

2. Les adaptations au climat. Les contraintes climatiques sont nombreuses en montagne et souvent cumulées (froid, rayonnement, sécheresse, vent …). Divers mécanismes permettent à la végétation de s’y adapter. En voici quelques exemples : • réduction de la taille qui limite l’exposition au vent et assure une protection sous le manteau neigeux ; • réduction de la surface des feuilles, parfois transformées, pour diminuer le contact avec l’air ; • pilosité abondante et présence de cire pour retenir l’humidité et limiter l’évapotranspiration ; • fleurs à enracinement profond ou formant des rosettes ou coussinets ; • plantes vivaces et à reproduction végétative pour contrebalancer une saison raccourcie ; • fleurs aux pigments vifs, pour favoriser la pollinisation et lutter contre le rayonnement UV.

Epervière velue, Silène acaule, Renouée vivipare

3. De l’identification à la classification. Actuellement, la classification des espèces végétales repose toujours sur la nomenclature binominale élaborée au XVIIIe siècle par Carl von Linné et exprimée en latin. Elle comprend le nom du genre et un qualificatif désignant par exemple un caractère morphologique ou une origine géographique. Cette nomenclature permet d’éviter la confusion avec les noms vernaculaires qui peuvent parfois différer d’une région à l’autre ou même désigner plusieurs espèces différentes. Ainsi, la Carline à tige courte est également dénommée communément Carline acaule, mais aussi Carline des Alpes, Baromètre, Caméléon blanc ou encore Chardon doré. Alors que l’identification des plantes emblématiques ne pose a priori pas de problème, comme la Soldanelle des Alpes, les choses peuvent se révéler beaucoup plus complexes dans d’autres cas, en particulier lorsque les fleurs présentent de fortes similitudes. C’est notamment le cas de plusieurs espèces de gentianes auxquelles on attribue, parfois à tort, le nom de Gentiane de Koch, en oubliant les Gentianes alpestres ou à feuilles étroites. Aussi, l’identification rigoureuse d’une plante devra inclure l’examen attentif de plusieurs caractères, dont les fleurs (couleur, forme, pétales, …), la tige (hauteur, section, ramifications, …) et les feuilles (découpure, disposition, poils, …).

Soldanelle des Alpes, Carline à tige courte, Gentiane de Koch

4. Quelques propriétés médicinales. De tout temps, l’Homme a utilisé les plantes pour leurs vertus médicinales et, à l’heure actuelle, leurs principes actifs sont mis à profit en phytothérapie ou en aromathérapie. Puissants, ils peuvent cependant s’avérer toxiques même à faible dose. En voici quelques exemples parmi les plus connues : • La Gentiane jaune : connue pour son action fébrifuge en cas d’infection et lors de troubles du système digestif. Elle entre également dans la composition de liqueurs apéritives. • L’Arnica des montagnes : ses extraits sont souvent utilisés sous forme de pommade pour traîter divers traumatismes. • La Digitale pourpre : ses feuilles contiennent des substances cardiotoniques utilisées principalement pour réguler la fonction cardiaque. La plante est cependant très toxique.

Gentiane jaune, Digitale pourpre, Arnica des montagnes

5. Des mesures de protection. La flore de montagne, entre autres, bénéficie de mesures de protection par le biais de diverses structures mises en place à l’échelon national ou régional. Ainsi en est­-il des 10 Parcs Nationaux, dont le Parc de la Vanoise, auxquels s’ajoutent une cinquantaine de Parcs Naturels Régionaux et plus de 150 Réserves Naturelles Nationales. Certains spécimens de la flore bénéficie en outre de mesures ciblées, de sorte que près de 500 espèces voient leur cueillette strictement interdite sur l’ensemble du territoire alors que d’autres bénéficient d’une protection au niveau régional. Ainsi, par exemple, le Nénuphar jaune est protégé dans la région Midi­-Pyrénées et le Lis martagon en Corse. Au niveau national, la Gagée jaune fait l’objet d’une mesure de protection, de même que le Panicaut des Alpes, plus connu sous le nom de Chardon bleu. En régression dans tout l’Arc alpin, cette espèce est même protégée au niveau européen.

Nénuphar jaune, Lis martagon, Panicaut des Alpes

6. Origine et évolution. De multiples fluctuations climatiques sont à l’origine de la flore actuelle des montagnes. Ainsi, alors que nos régions étaient occupées par une végétation subtropicale il y a moins de 100 millions d’années, les glaciations successives qui suivirent le soulèvement des massifs montagneux ont détruit une partie de la flore ou l’on repoussée vers les altitudes inférieures. Après la période glaciaire, c’est un processus inverse qui s’est mis en place, conduisant parfois à des confinements à l’origine d’une végétation endémique, c’est­-à-­dire propre à certaines régions. Une exemple parmi d’autres : la Campanule du Mont Cenis que l’on rencontre en Savoie et dans le Dauphiné. La végétation actuelle des montagnes comprend donc des espèces dont l’origine est très variée, qu’il s’agisse des reliques de l’époque glaciaire, comme la Linnée boréale, ou de la période subtropicale, comme le Sabot de Vénus, ou encore des plantes originaires du pourtour méditerranéen, comme le Thym à pilosité variable, ou même d’Asie comme le Rhododendron ferrugineux.

Campanule du Mont Cenis, Sabot de Vénus, Rhododendron ferrugineux

Et pour se familiariser avec la flore des Alpes, un fichier regroupe 75 fleurs parmi les plus courantes, auxquelles se joignent quelques espèces emblématiques. Elles sont regroupées par couleurs pour en faciliter l’identification et une planche supplémentaire présente un ensemble d’orchidées. Téléchargez le PDF récapitulatif à imprimer ou emmener en montagne sur votre smartphone.
7. En savoir plus ? Utiliser le formulaire de contact ci-dessous !

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